Benjamin (Bibi) Netanyahu a été évincé du pouvoir. Après 30 ans – 12 en tant que Premier ministre – à appliquer sa vision colonialiste de la Palestine, le voilà mis hors touche. Le désormais ancien premier ministre, empêtré dans un procès pour faits de corruption, a pourtant tout essayé. Rien n’y fit. Même relancer le conflit israélo-palestinien à la mi-mai. Rien n’a marché. Depuis hier, le Premier ministre israélien se nomme Naftali Bennett. À la tête d’une coalition hétéroclite incluant un parti de gauche et un parti arabe, celui qui s’est vanté d’avoir « tué beaucoup d’Arabes dans sa vie [et n’avoir] aucun problème avec ça« , réussit l’exploit inouï d’être à droite de Netanyahu. Son parti Yamina – une jeune formation politique nationaliste – milite pour un ultra-libéralisme économique et l’annexion de près des deux tiers de la Cisjordanie palestinienne.

Naftali Bennett a fait fortune dans l’informatique. En 2005, après avoir vendu son entreprise de cybersécurité – Cyotta – pour 145 millions de dollars, le diplômé en droit, rejoint le Likoud où il deviendra le bras droit de son mentor, Benjamin Netanyahu. En 2007, il prend la tête du Conseil de Yesha, principale organisation des colons israéliens en Cisjordanie. En 2012, il dirige le Foyer juif, parti historique des colons qui se joindra à quelques autres particules pour devenir le Yamina, son parti actuel.

Le faible score de Bennett aux élections peut, éventuellement, nous réserver des surprises. Une coalition aussi hétéroclite est, par définition, fragile, et peut aisément se concevoir comme une alliance de circonstances pour se débarrasser, après 4 élections législatives en 2 ans, d’un Netanyahu qui se profilait de plus en plus inamovible. Il n’en demeure pas moins que, dans l’état, les Palestiniens doivent avoir l’impression de tomber de Charybde en Scylla.

Téhéran, allié de la Palestine, célèbre toutefois le départ des ennemis de l’Iran. Même si le Ministère des Affaires étrangères précise qu’il n’attend pas de grand changement de politique de la part xu nouveau gouvernement, le sentiment général semble être qu’avec Bibi parti, une nouvelle page peut s’ouvrir dans les relations d’Israël avec la région. L’Iran étant autrement plus expérimenté que ce pauvre blogue sur une telle matière, nous allons donc adopter son attitude et attendre voir – en mode petite chaise basse.

En espérant que, comme le souhaitent plus d’un, l’hétérogénéité de la coalition gouvernementale israélienne parvienne à neutraliser les tendances les plus extrêmes et que le peuple palestinien puisse commencer à voir, enfin, le bout du tunnel.