Le mythe de l’androgyne

Ce matin, un ami et lecteur du blogue, m’a envoyé ce lien vers une vidéo sur Facebook où un philosophe et une dessinatrice de BD présentent, grosso modo, le mythe de l’androgyne. C’est une histoire de nous, de l’autre, et du désir qu’il nous inspire. De l’origine de ce désir. De cette recherche de l’autre nous, notre alter ego, l’âme sœur. C’est un mythe que … Continuer de lire Le mythe de l’androgyne

Tabula rasa

L’ancien Sénateur du Nord et ancien maire de Milot n’y va pas par quatre chemins, le 29 mars 2019, le pays sera de nouveau lòk. Si ce n’était pas suffisamment clair, il est passé rendre visite au Nouvelliste pour confirmer la mobilisation: L’opposant farouche au pouvoir Tèt kale a, de ce fait, annoncé une manifestation populaire sur tout le territoire national le 29 mars en … Continuer de lire Tabula rasa

La révolution de la dignité: #AyitiNouVleA

Dans la Grèce antique, la naissance de la philosophie politique coïncide avec le début du passage de la sphère magico-religieuse à la sphère politico-laïque. Les philosophes remplacent les oracles. La politique remplace les dieux dans la recherche du bien commun et avec elle arrive la volonté de discuter du bien public et de comment y arriver. À la fin de la Grèce archaïque, deux mondes … Continuer de lire La révolution de la dignité: #AyitiNouVleA

S’indigner ne suffit pas. Marcher non plus.

Si l’on en croit les réseaux sociaux, et Dieu sait qu’il faut rarement les croire, la classe moyenne haïtienne est excédée. Elle en a marre. Elle en a assez. Elle n’en peut plus. La guerre des hashtags fait rage. Les accusations fusent. Le bouc émissaire est identifié. C’est le système. Contre lequel nous allons nous battre.

Nous allons déboulonner le système et ceux – en général, les politiciens – qui, sans foi ni loi, nous maintiennent, impunément, dans un état débilitant. Ça suffit les hashtags sur Twitter, les statuts sur Facebook et les billets sur les blogues. Il est temps de faire quelque chose. Manifester autrement notre mécontentement. Marcher dans les rues.

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Et la misogynie se fit Dieu

Au commencement était la vie. Et la vie était dans la femme. Et la vie était par la femme. Et la vie était la femme. Elle était la Vénus de Berekat Rham taillée dans la pierre par l’homo erectus, il y a 800 000 ans. Elle était toutes ces vénus paléolithiques qui ont suivi, célébrant, par leurs formes généreuses, le pouvoir féminin par excellence : la fertilité. Elle était,  au commencement, au cœur de la vie. Tout fut par elle, magicienne, déesse procréatrice. Et rien de ce qui fut ne fut sans elle qui donnait la vie. En elle était la joie, l’abondance et l’amour. Elle était le doux refuge contre la crainte et la peur. Elle voulut partager son savoir, faire de l’autre son égal, offrit une pomme et signa, trop confiante, sa reddition.

En 2013 est parue une intéressante Histoire de la misogynie de l’Antiquité à nos jours (de Adeline Gargan et Bernard Lançon) retraçant les retombées de cette reddition. Les auteurs se lancent dans une étude archéologique de la défiance, du mépris, voire de la haine dont la femme a été victime au cours de l’histoire, de la Grèce archaïque à nos jours. Si l’ouvrage n’a ni la charmante impertinence ni la belle delicieuseté de La Chair interdite de Diane Ducret, il met merveilleusement en lumière l’invariance de la pensée misogyne d’un mythe à l’autre.

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La loi de votre bouche s’arrête à la diffamation

S’il fallait trouver un thème pour la semaine dernière, la diffamation aurait été une concurrente sérieuse. La semaine a ainsi démarré sur des chapeaux de roues avec les déclarations tumultueuses – et maintes fois répétées – d’un candidat à la présidence à propos de la vie privée d’un autre candidat à la présidence; de plusieurs, pour être tout-à-fait juste. Puis il y a eu la « mystérieuse  et suspecte » disparition d’un fils du Président, les accusations à l’emporte-pièce d’un représentant d’un parti politique à l’encontre de trois membres de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif CSC/CA) et l’intermède – particulièrement ragoûtant d’après ceux qui l’ont écoutée – d’une artiste à succès, remontée contre les ragots d’un animateur en manque d’audience.

Les menaces de poursuite en diffamation se sont, naturellement, multipliées ; nous verrons où tout cela mènera. À notre connaissance, il n’existe guère chez nous de cas majeur de poursuite en diffamation auquel l’on pourrait aisément se référer. Il y a bien eu le cas Pradel Henriquez en 2011 mais cela ne semble pas avoir été au-delà de l’acte d’accusation. Chez nous, on a tendance, dans ces cas-là, à prendre soi-même les choses en main. En injuriant copieusement l’impertinent (et toute sa race), à la Rutshelle Guillaume. En réapparaissant en public lors d’un voyage officiel de son président de père, à la Olivier Martelly. En allant se défendre du bec et des ongles à la radio, à la Steven Benoit. En organisant une conférence de presse pour informer de la nécessité de « [tracer] des exemples … dans le pays sur des gens malhonnêtes qui cherchent à porter atteinte à la personnalité des gens crédibles » à la CSC/CA.

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