La loi de ma bouche

Du messager et des appels à le tuer : rapide billet, en passant, sur une cognition génératrice et ses effets pratiques

Kreyòl pale, kreyòl konprann. C’est ce que veut la rumeur… sauf s’il s’agit de l’article 284-3 de la Constitution en créole où brusquement même les spécialistes de la langue se retrouvent à questionner la signification du mot “nan”. Parce qu’enfin qu’a bien pu vouloir dire le Constituant en écrivant :

La langue française étant une langue baboukèt, le créole ne devrait pas l’être mais hélas…

Le questionnement plut.

L’on salua son patriotisme !

L’argument étant d’une rare cohérence, j’ai décidé de me prêter au jeu.

Avec beaucoup moins de succès. Le même “argument” qui, hier, était considéré comme une victoire de celleux qui voient dans le projet de nouvelle Constitution un amendement illégal est devenu, dans la pure tradition de l’absurde, un argument de défense du projet de la nouvelle Constitution.

Je comprends qu’il y a sur cette question, un problème de coût englouti. Qu’il y a déjà un tel investissement dans ces offuscations autour des articles 134-2 et 284-3 que c’est difficile d’arrêter… mais il doit arriver un moment où l’on se demande si cela vaut la peine d’entretenir si longtemps une dissonance cognitive de ce niveau.

La psychologie sociale depuis Festinger nous apprend que le travail de réduction de dissonance est proportionnel à la grandeur de la dissonance. Coût englouti ou pas, l’entretenir ne fait qu’augmenter son coût. Et il faut sans doute prendre la peine de se demander : cela en vaut-il la peine ?

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