La loi de ma bouche

1 million de francs suisses

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Aujourd’hui, l’ancien président de la Fédération haïtienne de football doit payer 1 million de francs suisses à la Fédération internationale de football association et je ne peux cacher ma joie. Pour la première fois dans la triste histoire des abus sexuels dans le sport haïtien, nous avons droit à des sanctions et des amendes. C’est une raison d’espérer.

Certes, la justice haïtienne n’a encore rien dit- peut-être attend-elle, dans 30 jours, la publication de la décision motivée de la FIFA. Nos médias ne se mobilisent pas plus – même s’ils se font forts d’ignorer les tentatives du Dr Yves Jean-Bart de peindre la FIFA comme une organisation corrompue à qui on ne peut faire confiance. Toutefois, même cette “neutralité” est une avancée. Un mois plus tôt, le consensus était d’attaquer la parole des victimes. Une avancée donc.

Je reste consciente que les problèmes restent nombreux. Que le cas Lescouflair a besoin d’être traité, que volleyball féminin a grandement besoin qu’on s’y intéresse et que nous attendons encore le résultat de l’enquête de la FIFA concernant d’autres a cadres de la FHF réputés impliqués dans ce dossier : Rosny, Grant, Wilner Étienne et Néla Joseph. Je n’oublie pas non plus que nous avons en l’entraîneur du Real Hope Football Academy Kowsky Sainvil (B08236), un délinquant sexuel condamné pour agression sexuelle et attenant à la pudeur sur une victime âgée de moins de 12 ans.

Depuis le premier article de Romain Molina, je n’ai pas non plus arrêté de recevoir – en privé – des témoignages d’abus sexuels généralisés dans le milieu du sport. Je regrette qu’il n’y ait plus de gens à vouloir en parler publiquement ou, à tout le moins, à vouloir me donner suffisamment d’informations pour que je puisse en parler publiquement. Il est encore énormément que je souhaite pour assainir le sport haïtien.

Aujourd’hui n’en demeure pas moins un grand jour. Un jour à célébrer. Un jour pour dire merci. Aux victimes. Aux témoins. À Romain Molina. À la FIFA. À tous celleux qui ont contribué à faire connaître cette histoire et continuent à la maintenir dans l’actualité.

L’impact de ce jour prendra sans doute du temps à se faire sentir mais il sera de taille. Il se mesurera en parole se libérée, en silences brisés et en coupables condamnés.

Un jour, il sera jour. Et ce jour devra beaucoup à des jours comme aujourd’hui.

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