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El Señor Mulet, « Exportador de Niños », tiene opiniones

Que se passe-t-il lorsqu’un ancien chef de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) et sous-secrétaire général des Nations-Unies, après avoir œuvré à nous donner un bouffon rose, se retrouve, alors qu’il brigue la magistrature suprême dans son pays, rattrapé par son passé de « trafiquant d’enfants »? Il disparaît un temps et refait surface, un 30 novembre en 2019, en République Dominicaine, pour évoquer une nouvelle intervention des Nations-Unies en Haïti. Après tout, pourquoi pas ? Monsieur Mulet pourrait même se recycler chez nous. Haïti, étant pour reprendre les mots d’un ami réagissant à la nouvelle, « une station d’épuration ».

C’est à un Forum organisé par le Centre d’Analyse des Politiques Publiques à l’université pontificale catholique Madre y Maestra (PUCMM) à Santiago que Monsieur Mulet est venu partager sa préoccupation quant à la « crise politico-sociale que traverse Haïti ». Intitulé « Déstabilisation d’Haïti : Enjeux et défis », le Forum s’inscrit parfaitement dans une réflexion globale sur le devenir d’Haïti dans une République Dominicaine à laquelle la crise a déjà fait perdre 2 milliards de pesos. En Haïti, nous explique l’ancien avocat des clients des « Enfants du Soleil » au Guatemala, existe une « situation convulsive » présentant une menace pour toute la région et suppose donc, chapitre 7 de la Charte de l’Onu oblige, une énième opération de maintien de la paix. Après tout, leur succès céans ne s’est jamais démenti. Mais revenons aux Enfants du Soleil.

Si vous lisez l’espagnol – et disposez de 27 minutes – le média en ligne d’investigation guatémaltèque Plaza Pública offre le récit fascinant des enfants « exportés » par Edmond Mulet. Nous sommes en 1981, un jeune avocat de 26 ans, membre d’un réseau d’adoption, est arrêté pour avoir fait sorti des bébés du pays comme des « touristes », de façon à contourner les lois du pays sur l’adoption. Lui prétend qu’il ne s’agissait pas d’adoption mais de motifs humanitaires. Il n’y eut ni jugement, ni condamnation. Le Señor Mulet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait réussi – comme il le fera bien d’autres fois plus tard – à éviter la prison.

De l’autre côté de ces « motifs humanitaires », il y a, au Canada, l’avocat canadien Jean Francoeur et son centre d’information sur l’adoption internationale, « Les Enfants du Soleil » dont Mulet est l’avocat et notaire au Guatemala. Le centre fournit aux parents canadiens des bébés guatémaltèques grâce à un stratagème où les parents biologiques accordent la garde des enfants au centre qui ensuite les faisait sortir du pays en « touristes ». Mais, il n’y a pas à s’inquiéter, en 2015 encore, Edmond Mulet justifiait ses actions en soutenant, sans autre preuve que sa parole, que celles-ci avaient permis à des enfants de trouver des familles aimantes. Voilà qui est certes rassurant.

Après le séisme du 12 janvier 2010, alors que la Minustah, par Edmond Mulet, présidait encore à nos destinées, une mission baptiste tenta d’exporter 33 bébés haïtiens pour « motifs humanitaires ». Elle fut moins chanceuse que Monsieur Mulet. Son leader, Laura Silsby dont la chaîne CBS offre un portrait saisissant est arrêtée pour kidnapping par la justice haïtienne. Elle est accompagnée de neuf autres missionnaires, âgés de 18 à 55 ans qui semblaient convaincus d’accomplir une mission divine.

La justice haïtienne n’arrive pas toujours à stopper l’exportation de nos enfants toutefois. Au 27 janvier 2010, le Premier Ministre Jean-Max Bellerive était sur CNN à parler – avec l’irresponsabilité qui caractérise nos responsables politiques – du trafic des organes de nos enfants. La chose n’étonna pas outre mesure. Après tout, un an et quelques mois plus tôt, un journaliste de l’émission d’investigation Nightline de la ABC avait bien réussi à acheter une enfant en 10 heures. Mais bon, pour reprendre Edmond Mulet, puisque c’était pour lui offrir une meilleure vie … quitte à ce que soit à l’intérieur de quelqu’un d’autre ou avec quelqu’un d’autre à l’intérieur d’elle.

Qu’on aille tout de suite chercher ce Monsieur et qu’on le place à la tête d’une nouvelle mission de sauvetage d’Haïti. À ce grand homme, la Patrie reconnaissante réservera un doigt d’honneur!

Patricia Camilien Tout afficher

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