La loi de ma bouche

Garcia Delva, chanteur, sénateur, kidnappeur ?

Dans une entrevue accordée au Nouvelliste en date du 27 octobre 2012, le député Garcia Delva se défendait de toutes accusations de participation à des actes d’enlèvement de personnes, mettant ces accusateurs au défi d’apporter des preuves de sa culpabilité:

Je n’ai rien à voir avec le dossier de kidnapping. D’ailleurs, au départ, j’avais même pensé que les rumeurs disaient qu’on m’avait kidnappé moi-même. Moi, je n’accorde pas d’importance à ces choses. S’il y a des gens qui ont des preuves, qu’ils viennent avec pour prouver que je pratique de telles activités.

Les rumeurs voulaient qu’il ait été arrêté sur la frontière, deux jours plus tôt, le 25 octobre 2012, pour avoir facilité le passage de personnes impliquées dans le réseau de kidnappeurs de Clifford Brandt. Son entrevue avec Guy Wewe pour Radio Vision 2000 est ici.

Le malheureux serait, d’après son manager, intervenu pour faire passer des ressortissants français que la population croyait être des mulâtres kidnappeurs qui essayaient de s’enfuir. Ce dont il n’était pas au courant. Il est juste passé normalement, sans plus. Comme Clifford Brandt, il semblait s’être retrouvé lui aussi à violer la loi à l’insu de son plein gré.

Au Nouvelliste toutefois, il « reconn[ut] avoir intervenu en faveur de cinq agents de la MINUSTAH qui présentaient leurs badges et qui devaient se rendre en urgence en RD ». En rappelant, naturellement, combien on cherche à le détruire, pauvre parlementaire honorable et chanteur engagé.

Je pense qu’il y a un groupe de personnes qui ne comprennent pas ce qui existe entre le peuple haïtien et moi et qui sont toujours prêts à me détruire. Je sais qu’à cause de ma prise de position exprimée clairement en faveur de la démocratie et du respect du mandat des autorités, que ce soit du président ou d’un député, je serai toujours persécuté. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des campagnes visant à me déstabiliser, mais je tiendrai bon. Car, de 1994 à aujourd’hui, c’est toute une carrière que j’ai construite avec le peuple haïtien. Je ne vais pas trahir ce peuple.

Aujourd’hui, près de sept années plus tard, voilà que ces méchants s’en prennent de nouveau à celui qui est depuis devenu Sénateur de la République et entretient le rêve de présider aux destinées de la nation.

Dans sa lettre du Premier août 2019 au Président du Sénat, l’Honorable parlementaire fustige « les artisans de la politicaillerie pour tenter à tout prix de [l]’impliquer dans les activités criminelles d’ [Arnel Joseph] ».

C’est à croire qu’on veut le mettre au centre de l’industrie du kidnapping en Haïti. Hier, Clifford Brandt. Aujourd’hui, Arnel Joseph. Encore un peu et l’on prétendra que sa fonction de Parlementaire est centrale à ses activités présumées de kidnappeur. Qu’il serait, comme nombre de ses collègues, devenu Député puis Sénateur pour couvrir protéger ses activités criminelles. On aurait tort. Les artisans de la politicaillerie s’emploient tout simplement à empêcher que le chanteur ne continue son ascension à la première Magistrature du pays.

Comme les résidents de Vivy Mitchell dénonçant les visites du leader communautaire bandit Arnel Joseph au Sénateur Delva:

Comme un certain Garcia Delva qui nous mettait en garde contre des politiciens comme Garcia Delva.