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J’ai de mauvaises nouvelles

Dans moins de deux semaines, cinq mois jour pour jour après le début du #PetroCaribeChallenge, le Parlement sera de retour pour, notamment, voter le budget, avec une gourde qui dégringole, un Premier ministre attendant son Fort de Joux, un Président aussi incompétent qu’arrogant, un rapport très attendu de la Cour des Comptes et un procès désormais inévitable.

Dans moins de deux semaines, notre Parlement sera de retour pour reprendre en direct le spectacle disgracieux de sa déchéance. Nous aurons alors le choix d’y assister impuissants ou de leur faire comprendre que la récré est terminée.

L’année 2019 ne sera pas facile. Aucune année ne l’est jamais ici depuis quelque temps mais celle-ci est bien partie pour battre des records. Des records d’impéritie et d’arrogance, des records de violence et de misère et des records, je l’espère, d’engagement citoyen.

L’année 2019 sera particulièrement violente. De la violence d’un salaire minimum proprement indécent. De la violence de dirigeants corrompus grugeant sans vergogne un peuple majoritairement pauvre. De la violence de gangs entretenues par des entreprises privées et publiques. De la violence d’un système économique, social et politique tourné, comme du temps de la colonie, vers des métropoles occidentales.

Dans ce Système de l’Exclusif nouvelle version, l’on exploite la masse des sans héritage et l’on envoie son argent, sa famille, son patrimoine, en sécurité à l’Étranger. L’on importe les produits manufacturés de l’extérieur et l’on creuse, sans souci, la balance commerciale, les sans héritage ayant eu la décence d’avoir des parents à l’extérieur qui leur envoient quelques dizaines de dollars par mois.

Qu’importe donc que pour près d’un milliard de dollars d’importations de la République Dominicaine, nous n’y exportions que 54 millions de dollars de biens. La naissance de la nouvelle diapora chilienne s’est accompagnée de l’installation quasi concomitante de la Unitransfer. Les Haïtiens au Chili compenseront donc.

Le problème est que, à la fin de l’année 2018, ils ont commencé à revenir chez eux, leurs rêves d’une meilleure vie détruits. En 2019, il faudra composer avec cette perte de revenus accompagnée d’une croissance démographique trop élevée pour une croissance économique presque nulle.

Ce sont donc les classes moyennes qui devront casquer. Elles qui subissent de plein fouet la dégringolade de la gourde, ne recevant ni transfert ni carnet de commandes pour ateliers de misère. Elles qui, parce que plus accessibles, vont subir le retour de manivelle de toutes ces frustrations qui se sont accumulées chez les sans héritage. Elles qui, par intérêt bien compris, feraient mieux de s’engager, et vite, à faire comprendre à nos meilleurs que la récré est effectivement terminée.

Avant que la rue ne reprenne ses droits et que la voiture que nous n’avons pas fini de payer ou la maison que la banque est à deux doigts de reprendre ne finissent dans les flammes.

Patricia Camilien Tout afficher

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3 thoughts on “J’ai de mauvaises nouvelles Laisser un commentaire

  1. Je ne peux que fire un grand « Merci » à Patricia pour essayer d’ouvrir nos yeux Enfin, les yeux de mon cher peuple Haitien helas!!!

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